Fondation Engelberts pour les arts et la culture

La Compagnie des Ombres | Théâtre

Présentation

Extraits d’un entretien avec Jérôme Richer, responsable artistique

Pourquoi avoir appelé ta compagnie la Compagnie des Ombres ?

Je souhaitais un nom qui puisse refléter mon envie de théâtre. C’est à dire un art collectif où les individualités s’effacent au profit d’une démarche d’ensemble. Par ailleurs, je ne souhaitais pas distinguer ce qui ressort du travail artistique de ce qui touche à l’administratif ou à la technique. Pour qu’un spectacle soit réussi, il faut que différentes énergies soient mises en action. Dans une certaine mesure, le rôle de l’administrateur est tout aussi important que celui du metteur en scène.

Quelles sont les lignes de fond qui traversent le travail de la Compagnie des Ombres ?

Je dirais qu’il s’agit de la question de la mémoire. Tous les spectacles que nous avons créés depuis 2005 tournent autour de ça finalement. Que ce soit la mémoire collective ou une mémoire plus intime. Nous sommes dans une société de plus en plus privée de mémoire. L’accélération des modes de communication empêche l’existence de cette mémoire. Chaque jour, de nouvelles informations chassent d’autres informations qui n’ont pas encore eu le temps de s’ancrer en nous. Pour moi, une des fonctions essentielles du théâtre est de redonner de la mémoire. Le théâtre est un art lent. Il faut souvent plusieurs mois avant que d’une idée naisse concrètement un spectacle. Cela implique forcément de travailler à un autre rythme qui n’est pas celui effréné de notre société de consommation. Je dis souvent que c’est en comprenant hier que nous sommes en mesure de changer le présent. La société, les individus ne viennent pas de nulle part. Ils sont le produit d’une histoire. Cette histoire, le théâtre a pour mission de la décrypter, de la mettre en jeu sur scène.

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Projet soutenu

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« Depuis toujours, les parents font ce qu’ils estiment être le mieux, c’est-à-dire qu’ils font à leurs enfants le meilleur des torts. »

Un jeune homme est pris à partie par sa compagne lorsqu’elle découvre qu’il cache un secret de famille. Telle une furie, elle n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour faire cracher le morceau à sa belle-famille pétrie de honte. À sa suite, on se prend à vouloir libérer les fils emmêlés dans un entrelacs familial ; l’enquête de vérité nous tient en haleine, comme un polar. Une belle histoire autour des nœuds intergénérationnels, de ceux qui bloquent l’élan de vie, traversée par une force vitale épatante.

Ecrite par Antoinette Rychner et mise en scène par Jérôme Richer, c’est une tragédie qui fait confiance aux pouvoirs libérateurs de la parole et qui finit bien. Une rareté, donc.

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