Fondation Engelberts pour les arts et la culture

Barbouze de chez Fior

Barbouze de chez Fior

Présentation

En 2005, lors de sa crĂ©ation, le groupe se voulait laboratoire sonore. Il a multipliĂ© les ouvertures, toujours renouvelĂ©es, avec les Young Gods, Pascal Auberson, Love Motel, Raphelson, Christophe Calpini et d’autres encore.

Le temps des collaborations a ouvert celui de leur propre rĂ©pertoire. Le groupe signe alors La Poule au Pot MolĂ©culaire, un univers de gastronomie musicale. Les compositions y sont impertinentes, les notes rient aux Ă©clats, les sons suspendus dans l’air comme des voyages autour du monde.

Aujourd’hui, Barbouze de chez Fior nous invite Ă  la dĂ©couverte de leur deuxième album, Polysomnographie. Une musique oĂą les songes oublient d’ĂŞtre sages, les rĂŞves sont de passage et la nuit est un paysage. A Ă©couter sous la lune.

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Projets soutenus

Polysomnographie

Barbouze de chez Fior - Polysomnographie

Deux ans après La poule au pot moléculaire, Barbouze de chez Fior change de registre. Oublié la cuisine expérimentale, le quatuor s’essaie désormais à la médecine occidentale. Plus précisément aux troubles du sommeil. Dans le jargon médical, une polysomnographie signifie en effet l’examen des variables physiologiques d’un patient endormi, afin de déceler les apnées et autres parasomnies.

Foin de diagnostics techniques ici, cette Polysomnographie se traduit plutôt par une courbe musicale pleine de reliefs. Des chuchotements fantomatiques de Theta aux chants élégiaques de Petite Japon, en passant par les interférences étranges de C12H180, Barbouze de chez Fior s’offre un voyage hybride où les cordes crissent et grincent, entre somnambulisme, insomnie et onirisme. Pas de quoi dormir sur ses deux oreilles donc.

Ce refus des formules attendues et ce besoin de varier les climats n’étonnent pas, quand on connaît le parcours des quatre musiciennes. Ensemble ou en solo, Laurence Crevoisier, Sara Oswald, Annick Rody et Camille Stoll ont prêté leurs archets à des musiciens d’horizons divers, de Pascal Auberson aux Young Gods, en passant par Velma ou Raphelson.
Entre musique de chambre et compositions plus contemporaines, les 14 pièces qui composent Polysomnographie jouent ainsi d’une palette riche, flirtant avec les mélodies comme avec les frictions. Barbouze de chez Fior déconstruit ses références musicales, d’un clin d’oeil aux unissons glaçants de Steve Reich (Murs blancs) à un détour par les motifs obsédants de Philip Glass (Milton), de pizzicati hantés (Kalbadevi) en nappes impressionnistes (Larches).

A ces tensions et variations s’ajoute encore un goût prononcé pour les expérimentations ludiques – présent déjà dans le nom du groupe, chipé chez Zazie dans le métro de Raymond Queneau – qui empêche la musique de Barbouze de chez Fior de se prendre trop au sérieux. Les cordes virevoltent, mais n’oublient jamais de s’amuser, donnant à cette polysomnographie musicale les atours d’un sismographe remuant plutôt que d’un électrocardiogramme plat. Le sommeil agité a du bon parfois.

Video Milton

La Poule au Pot Moléculaire

Ne pas s’Ă©tonner de trouver des combinaisons de mots Ă©tranges chez un groupe qui emprunte son nom Ă  Raymond Queneau et sa Zazie dans le mĂ©tro. Mais si le vocable claque, il fait sens Ă©galement. La Poule au Pot MolĂ©culaire ou comment allier cuisine du terroir gastronomie de laboratoire. Ou, pour faire plus musical, formation classique et expĂ©rimentations sonores.

Nourries par des collaborations, Laurence Crevoisier, Sara Oswal, Annick Rody et Camille Stoll ont dĂ©cidĂ© de s’enfermer seules en cuisine. Et de concocter leurs propres recettes. CrĂ©Ă© sur scène en 2011, La Poule au Pot MolĂ©culaire se dĂ©cline aujourd’hui sur disque. Violons, alto et violoncelle dialoguent sans filet, en totale libertĂ©, ajoutant les pĂ©dales du looper et les effets du moogerfooger Ă  des instrumentations et une Ă©criture d’obĂ©dience classique. Un soupçon de piments, en somme.