Fondation Engelberts pour les arts et la culture

Aurélie Doutre

Aurélie Doutre

Présentation

AurĂ©lie Doutre (1978, France) est diplĂ´mĂ©e d’un BTS audiovisuel, spĂ©cialisation Image (LISA, AngoulĂŞme), d’un diplĂ´me HEA Arts Visuels, section cinĂ©ma (HEAD Genève) et d’un Postgrade cinĂ©ma documentaire «topographies du rĂ©el» (HEAD Genève) sous la direction de Jean-Louis Comolli et Claudio Pazienza.
Elle travaille sur support pellicule film et sa recherche est principalement axée sur la notion de l’altérité. Ses courts-métrages ont été présentés dans des festivals tels Locarno, Karlovy Vary ou Angers, et son travail de performances AV dans des festivals tels que Mapping (Genève) ou Fusion (Lärz, Allemagne). Professeure-assistante à la HEAD puis programmatrice au cinéma Spoutnik, fondatrice du laboratoire de développement expérimental Minilab (Genève), elle se consacre désormais entièrement à son travail de cinéaste plasticienne. Elle est actuellement en bourse et résidence de 6 mois à Berlin (DIP Genève).

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A l'Est, le devenir des ruines: Berlin

Projet soutenu

Gen Osten … Berlin Haupstadt der DDR – moyen-mĂ©trage

En ce jeune deuxième millĂ©naire de notre ère, une hypothèse, semblant peut-ĂŞtre saugrenue au premier abord, mĂ©rite d’ĂŞtre prise en considĂ©ration : si l’on s’essayait Ă  apprĂ©hender le « monde soviĂ©tique » comme une «civilisation», au mĂŞme titre qu’une Aztèque ou une Maya, le «regarderait»-on autrement ?
Durant sa courte existence, cette «civilisation» a en effet su produire un territoire, des villes, une économie, une hiérarchie mais aussi une psyché, une religion, une histoire et des mythes. Localisable sur une carte, sa géographie fut particulière : noyau russe, manteau de républiques soeurs, ceinture de pays satellites. Très matérialiste, elle a apposé sur le paysage ses multiples facettes, et même si ce monde s’en est allé, il demeure des traces bien visibles. Aujourd’hui, chaque pays réarrange ce passé à sa façon.
Proche de sa frontière occidentale : Berlin, capitale d’un pays dĂ©sormais Ă©vanoui. Que garde-t-on de cette Ex-Allemagne de l’Est ? Que reste-t-il de ses strates architecturales, urbaines, monumentales dans la ville ? Qu’en fait-on ? Comment en dispose-t-on ?
Tel un «archĂ©ologue du futur» Ă©tudiant l’usage des espaces, «Gen Osten…Berlin Haupstadt der DDR» nous plonge dans une enquĂŞte inĂ©dite sur le devenir de bâtiments qui ont façonnĂ© la topographie de Berlin-Est. Qu’il s’agisse d’une ville militaire interdite, d’une tour Ă©mettrice d’ondes, d’un palais des ministres, d’une provision de statues ou bien d’un restaurant-dancing, le film dresse le portrait de ces monuments, oeuvres de la main humaine : en faisant corps avec leur architecture, leur esthĂ©tique et leur ambiance, mais aussi en Ă©coutant leurs histoires Ă  travers les tĂ©moignages de ceux qui les ont planifiĂ©, construit, transformĂ©, dĂ©tournĂ©, habitĂ©, vĂ©cu.
Ce miroir en nĂ©gatif d’un monde «autre» ne pourrait-il pas rĂ©sonner en nous et nous offrir l’opportunitĂ© de saisir d’une manière renouvelĂ©e notre monde actuel ?